Lundi 17 septembre 2007
Par Nizar Kabbani (1994)


1
J'essaie, depuis l'enfance, de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement-les pays des Arabes
Pays qui me pardonneraient si je brisais le verre de la lune...
Qui me remercieraient si j'écrivais un poème d'amour
Et qui me permettraient d'exercer l'amour
Aussi librement que les moineaux sur les arbres...
J'essaie de dessiner des pays...
Qui m'apprendraient à toujours vivre au diapason de l'amour
Ainsi, j'étendrai pour toi, l'été, la cape de mon amour
Et je presserai ta robe, l'hiver, quand il se mettra à pleuvoir...
2
J'essaie de dessiner des pays...
Avec un Parlement de jasmin...
Avec un peuple aussi délicat que le jasmin...
Où les colombes sommeillent au dessus de ma tête
Et où les minarets dans mes yeux versent leurs larmes
J'essaie de dessiner des pays intimes avec ma poésie
Et qui ne se placent pas entre moi et mes rêveries
Et où les soldats ne se pavanent pas sur mon front
J'essaie de dessiner des pays...
Qui me récompensent quand j'écris une poésie
Et qui me pardonnent quand déborde le fleuve de ma folie...
3
J'essaie de dessiner une cité d'amour
Libérée de toutes inhibitions...
Et où la féminité n'est pas égorgée... ni nul corps opprimé
4
J'ai parcouru le Sud... J'ai parcouru le Nord...
Mais en vain...
Car le café de tous les cafés a le même arôme...
Et toutes les femmes-une fois dénudées-
Sentent le même parfum...
Et tous les hommes de la tribu ne mastiquent point ce qu'ils mangent
Et dévorent les femmes une à la seconde
5
J'essaie depuis le commencement...
De ne ressembler à personne...
Disant non pour toujours à tout discours en boîte de conserve
Et rejetant l'adoration de toute idole...
6
J'essaie de brûler tous les textes qui m'habillent
Certains poèmes sont pour moi une tombe
Et certaines langues linceul.
Je pris rendez-vous avec la dernière femme
Mais j'arrivai bien après l'heure
7
J'essaie de renier mon vocabulaire
De renier la malédiction du "Mubtada" et du "Khabar"
De me débarrasser de ma poussière et me laver le visage à l'eau de pluie...
J'essaie de démissionner de l'autorité du sable...
Adieu Koraich...
Adieu Kouleib...
Adieu Mudar...
8
J'essaie de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement- les pays des Arabes,
Où mon lit est solidement attaché,
Et où ma tête est bien ancrée,
Pour que je puisse différencier entre les pays et les vaisseaux...
Mais... ils m'ont pris ma boîte de dessin,
M'interdisent de peindre le visage de mon pays... ;
9
J'essaie depuis l'enfance
D'ouvrir un espace en jasmin.
J'ai ouvert la première auberge d'amour... dans l'histoire des Arabes...
Pour accueillir les amoureux...
Et j'ai mis fin à toutes les guerres d'antan entre les hommes.et les femmes,
Entre les colombes... et ceux qui égorgent les colombes...
Entre le marbre... et ceux qui écorchent la blancheur du marbre...
Mais... ils ont fermé mon auberge...
Disant que l'amour est indigne de l'Histoire des Arabes
De la pureté des Arabes...
De l'héritage des Arabes...
Quelle aberration !!
10
J'essaie de concevoir la configuration de la patrie ?
De reprendre ma place dans le ventre de ma mère,
Et de nager à contre courant du temps,
Et de voler figues, amandes, et pêches,
Et de courir après les bateaux comme les oiseaux
J'essaie d'imaginer le jardin de l'Eden?
Et les potentialités de séjour entre les rivières d'onyx?
Et les rivières de lait...
Quand me réveillant... je découvris la futilité de mes rêves.
Il n'y avait pas de lune dans le ciel de Jéricho...
Ni de poisson dans les eaux de l'Euphrate...
Ni de café à Aden...
11
J'essaie par la poésie... de saisir l'impossible...
Et de planter des palmiers...
Mais dans mon pays, ils rasent les cheveux des palmiers...
J'essaie de faire entendre plus haut le hennissement des chevaux ;
Mais les gens de la cité méprisent le hennissement !!
12
J'essaie, Madame, de vous aimer...
En dehors de tous les rituels...
En dehors de tous textes.
En dehors de toutes lois et de tous systèmes.
J'essaie, Madame, de vous aimer...
Dans n'importe quel exil où je vais...
Afin de sentir, quand je vous étreins, que je serre entre mes bras le terreau de mon
pays.
13
J'essaie -depuis mon enfance- de lire tout livre traitant des prophètes des Arabes,
Des sages des Arabes... des poètes des Arabes...
Mais je ne vois que des poèmes léchant les bottes du Khalife
pour une poignée de riz... et cinquante dirhams...
Quelle horreur !!
Et je ne vois que des tribus qui ne font pas la différence entre la chair des femmes...
Et les dates mûres...
Quelle horreur !!
Je ne vois que des journaux qui ôtent leurs vêtements intimes...
Devant tout président venant de l'inconnu.
Devant tout colonel marchant sur le cadavre du peuple...
Devant tout usurier entassant entre ses mains des montagnes d'or...
Quelle horreur !!
14
Moi, depuis cinquante ans
J'observe la situation des Arabes.
Ils tonnent sans faire pleuvoir...
Ils entrent dans les guerres sans s'en sortir...
Ils mâchent et rabâchent la peau de l'éloquence
Sans en rien digérer.
15
Moi, depuis cinquante ans
J'essaie de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement- les pays des Arabes,
Tantôt couleur de sang,
Tantôt couleur de colère.
Mon dessin achevé, je me demandai :
Et si un jour on annonce la mort des Arabes...
Dans quel cimetière seront-ils enterrés ?
Et qui les pleurera ?
Eux qui n'ont pas de filles...
Eux qui n'ont pas de garçons...
Et il n'y a pas là de chagrin
Et il n'y a là personne pour porter le deuil !!
16
J'essaie depuis que j'ai commencé à écrire ma poésie
De mesurer la distance entre mes ancêtres les Arabes et moi-même.
J'ai vu des armées... et point d'armées...
J'ai vu des conquêtes et point de conquêtes...
J'ai suivi toutes les guerres sur la télé...
Avec des morts sur la télé...
Avec des blessés sur la télé...
Et avec des victoires émanant de Dieu... sur la télé...
17
Oh mon pays, ils ont fait de toi un feuilleton d'horreur
Dont nous suivons les épisodes chaque soir
Comment te verrions-nous s'ils nous coupent le courant ??
18
Moi, après cinquante ans,
J'essaie d'enregistrer ce que j'ai vu...
J'ai vu des peuples croyant que les agents de renseignements
Sont ordonnés par Dieu... comme la migraine... comme le rhume...
Comme la lèpre... comme la gale...
J'ai vu l'arabisme mis à l'encan des antiquités,
Mais je n'ai point vu d'Arabes !!
par Noé publié dans : Poésie
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Vendredi 31 août 2007
1- Ce qu'on dit
Lu sur le site de Vivendi :


MAROC TELECOM
Maroc Telecom, filiale de Vivendi à 51 %, est l’opérateur leader sur le marché marocain des télécommunications. Maroc Telecom est cotée sur les places de Casablanca et de Paris et détient des participations de 51 % dans les opérateurs historiques de Mauritanie (Mauritel), du Burkina-Faso (Onatel) et du Gabon (Gabon Telecom).

Vivendi01.pngVivendi02.png

C'est ce qu'on dit : Vivendi est Le SEUL et L'UNIQUE actionnaire majoritaire de "Maroc TELECOM"

2- Ce qu'on ne dit pas :

C'est que Vivendi, via "Maroc  Telecom" pratique la censure à outrance et en dehors de tout cadre jurédique ou légale, au mépris des droits de l'homme et des convetions internationales. A l'actif de cette opérateur on trouve des performances qui dépassent même celle des autorités chinoises. Comme par exmple :

  • La censure de "google earth" dans le Maroc : Qui continue à ce jour. Ce blocage est pratiqué en dehors de toute disposition légale ou jurédique. Il faut noter que le Maroc est le seul pays au monde où "Google Earth" est bloqué.
  • La censure de "YouTube"
  • La censure de "LiveJournal" , engendrant le blocage de l'accès à environ 2 millions de blogs, depuis le Maroc.

La censure peut frapper n'importe quel site, n'importe quand et sans aucune justification et ne parlons même pas d'identifier quel personnephysique ou morale a pris la décision de censurer tel ou tel site ou de couper tel accès. Rien, absolument rien !

Pour plus de détails sur la situation, je vous invite vivement à visiter le blog MOTIC qui couvre trés bien ces abus.

Final-V1.jpg







par Noé
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Mercredi 22 août 2007

On ne peut pas forcer un citoyen à soutenir un parti politique donné. C'est aux partis politiques eux même de séduire les citoyens, et non l'inverse. N'est ce pas ?!

 

  • C'est aux partis de se montrer "crédibles" et "populaires" dans les faits, et non seulement le clamer ou se le proclamer, dans les slogans.
  • Est-ce normal que des partis qui se veulent "démocratiques" cautionnent la censure, l'emprisonnement de journalistes et les poursuites contre la presse indépendantes ?
  • Est-ce normal qu'un parti qui se veut crédible et populaire applaudisse des deux mains quand un chef d'état déclare que les choix / objectifs stratégiques du pays, c'est lui et lui seul qui les fixe, et que les partis politiques ne sont là que pour adopter et réaliser ces choix / Objectifs ?
  • Et est-ce normal que des partis qui se veulent crédibles soient plus soucieux de plaire au pouvoir qu'au peuple ?
  • Est-ce normal que le gouvernement n'ait aucune assurance de ses prérogatives qui peuvent être à tout moment outrepassées par d'autres ?
  • Est-ce normal que les ministres d'un parti n'aient aucun compte à rendre à ce parti ?
  • Est-ce normal que les programmes électoraux ignorent la question de réforme des institutions , nécessaire pourtant afin d'instaurer la séparation des pouvoirs ?
par Noé publié dans : Politique
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Mardi 14 août 2007

Nostalgie, assez! je ne veux plus de toi,

Déjà que chaque nuit, je ne peux fuir ta voix

Partout où je m'en vais, tu m'attend déjà

Bras ouverts tu m'accueilles, ce n'est jamais une joie

J'ai parcouru des villes, franchi des distances


croyant au loin noyer ma souffrance

j'ai banni les souvenirs, construit des murailles

effacer d'un trait, tout ce qui te sert de gouvernail

Espérant te larguer là, enfin voyager léger,

Que grande fut ma désillusion, de te voir accrochée!

Comment tu as voyagé, quel support tu as pris ?

Je croyais que sans navire, ton sort était établi!

Elle m'a regardé d'un air triste, plein de sous-entendus

que seule percevrait alors, une âme perdue

« Tu as choisi de partir, ne te plains pas alors

Brûlante est la déchirure, entretenue par tes remords »

par Noé publié dans : Mes écrits
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Lundi 13 août 2007
Aujourd'hui, le lundi 13/08/2007  à 12H00 , j'ai entamé mon blog.

C'est avec beaucoup de plaisir et d'espoir que je commence cette aventure.

Merci à tous les lecteurs potentiels.

par Noé
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